Le tournage d'un clip de Maître Gims vers 23 h dimanche 9
novembre a bien pourri la vie des habitants de la tour 19 du
quartier Pablo Picasso.
L'article que consacre Le Parisien à
l'événement par la plume de David Livois qui est un peu le
journaliste officiel de la municipalité de Nanterre est d'une
complaisance rare envers le rappeur lorsqu'il affirme péremptoirement "Le quartier Pablo-Picasso, à Nanterre (Hauts-de-Seine), apprécie beaucoup Gims".
Les réactions des habitants ont été diverses d'après ces extraits de l'article (en italique):
« Le lendemain, il y avait encore les braseros, s’agace Laureen, une
autre habitante de la tour 19. Des enfants jouaient même autour. En
termes de sécurité, on fait mieux. »
« J’ai jeté un œil à
la fenêtre, j’ai vu les figurants, les voitures de sport et les barils
en flammes et j’ai compris qu’il s’agissait d’un clip de rap, souffle
cette figure associative du quartier. On aime voir ce genre d’événement
ici mais, là, on a eu le sentiment de ne pas être respectés. »
« Tout cela donne l’impression qu’on peut venir ici et faire à peu près
n’importe quoi, gronde Marie-Pierre. La vie du quartier est déjà assez
compliquée. Des dégradations,
on en subit déjà toute l’année, on n’a pas besoin que des artistes
viennent en rajouter. Pas sûr qu’on se permette d’agir ainsi dans les
beaux quartiers de Paris. »
« Parce qu’ils devaient avoir besoin d’un environnement le plus sombre
possible, les équipes du chanteur se sont permis de débrancher
l’ensemble des ampoules du hall d’entrée, fulmine le collectif
d’habitants au sein duquel on répète que le quartier n’est ni une
poubelle, ni un décor de studio. Un technicien a dû intervenir le
lendemain. Il a passé la journée à chercher la cause de la panne. »
Quant à la ville de Nanterre, elle n'était pas au courant, on peut en douter car parmi tous les médiateurs de la ville, certains devaient le savoir .Elle a laissé faire plutôt que faire intervenir la police, pour ne pas faire de vagues comme toujours et ne pas enflammer le quartier. Des couards. Elle a toujours, elle aussi eu par calcul peut-être plutôt que par goût, une attitude très complaisante envers le rap et la culture des banlieues.
Un ressenti partagé par la ville de Nanterre, où l’on explique n’avoir
jamais été sollicité par les équipes de production du rappeur et, par
conséquent, n’avoir délivré aucune autorisation. « La ville de Nanterre
se demande si la société de production de Gims
s’affranchit de ces règles dans toutes les communes où elle réalise les
clips de l’artiste ou si cela est réservé aux quartiers populaires
comme la cité Pablo-Picasso à Nanterre. »
Quand à l'ex président de l'association des locataires un peu hors-sol, il semble apprécier :
Ces critiques, Roger, ex-président de l’amicale des locataires, les
juge, pour sa part, excessives. D’abord parce qu’entre deux prises de
vues, l’artiste a pris le temps de faire quelques selfies avec des
riverains.
Maître Gims pense-t-il avec son ego surdimensionné qu'une séance de dédicaces fera oublier le mépris qu'il a eu pour les habitants du quartier .
A bientôt si vous le voulez bien